Après quelques signes de stabilisation, le marché français du logement neuf repart nettement à la baisse. Au deuxième trimestre 2026, 19 356 logements ont fait l’objet d’une réservation, contre 25 333 pendant la même période de 2025. Cela représente une diminution de 23,6 % en un an.
La tendance est également négative sur les six premiers mois de l’année. Selon la FPI (la fédération des prometteurs immobiliers), le nombre de réservations recule de 18,3 % par rapport au premier semestre 2025 et passe sous la barre des 40 000 logements. Un niveau particulièrement faible pour un secteur déjà fragilisé depuis plusieurs années.
Les grands acheteurs se retirent du marché
Une grande partie du recul vient des ventes réalisées auprès des acteurs qui achètent plusieurs logements au sein d’un même programme. Ce segment enregistre une baisse de 40,8 % au deuxième trimestre, avec 5 162 logements vendus.
Ces opérations ne représentent désormais plus que 27 % des ventes, contre 34 % un an auparavant. La demande provenant du logement locatif intermédiaire s’est notamment affaiblie, alors que les bailleurs sociaux concentrent davantage leurs investissements sur le logement social.
Pour les promoteurs, cette évolution est particulièrement pénalisante. Les ventes à de grands opérateurs permettent traditionnellement de sécuriser une partie importante d’un programme avant ou pendant sa commercialisation.
Les ménages restent prudents
La demande des particuliers ne suffit pas à compenser ce recul. Les ventes au détail diminuent de 11,3 % sur un an au deuxième trimestre.
Les ménages qui achètent un logement neuf pour y habiter sont les plus en retrait. Leurs réservations baissent de 17,9 %, avec 9 267 ventes enregistrées entre avril et juin. Sur l’ensemble du premier semestre, la baisse atteint 16,8 %.
Le mouvement est différent chez les particuliers qui achètent pour louer. Les ventes à ces investisseurs progressent de 13,4 % au deuxième trimestre, à 3 427 logements. La hausse atteint même 19,4 % sur les six premiers mois de l’année.
Cette amélioration reste cependant à relativiser : le nombre d’investisseurs demeure très inférieur aux niveaux observés il y a quelques années.
Les prix résistent malgré la chute des ventes
La forte diminution des transactions ne provoque pour autant pas d’effondrement des prix.
Au deuxième trimestre, le prix moyen d’un logement neuf s’établit à 5 034 euros le mètre carré, contre 5 127 euros au trimestre précédent. Depuis plusieurs années, les prix évoluent ainsi autour de 5 000 euros le mètre carré.
Les promoteurs expliquent cette résistance par des coûts de production qui restent élevés. Construction, financement, réglementation et prix du foncier limitent leurs possibilités de baisser davantage leurs tarifs.
Le secteur doit également composer avec des logements déjà achevés mais toujours invendus. Selon les données présentées par la FPI, ce stock représente désormais un peu moins de 10 % de l’offre commerciale à l’échelle nationale.
Le retour des investisseurs reste encore limité
La profession espère désormais que les mesures destinées à encourager l’investissement locatif pourront soutenir progressivement la demande.
Le statut du bailleur privé fait notamment partie des dispositifs sur lesquels les promoteurs comptent pour attirer davantage d’investisseurs. Mais les premiers résultats restent, selon la FPI, très éloignés des volumes nécessaires pour provoquer un véritable redémarrage du marché.
Dans le même temps, le contexte économique et politique entretient la prudence. Les incertitudes liées à la situation internationale, au budget 2027 ou encore à l’approche de l’élection présidentielle peuvent inciter certains ménages à différer un projet immobilier.
Pour le logement neuf, la légère reprise espérée après plusieurs années difficiles reste donc à confirmer. Au deuxième trimestre 2026, les principaux indicateurs montrent au contraire que le marché demeure sous forte pression.





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