Logement, écoles, emploi, sécurité ou adaptation climatique : les élus locaux demandent que le futur programme de renouvellement urbain dépasse largement la seule rénovation des bâtiments.
Le futur ANRU 3 commence à prendre forme. Réunis jeudi 17 septembre à Saint-Denis lors de la Journée nationale de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), plusieurs maires ont appelé à concevoir le troisième programme national de renouvellement urbain comme un projet global, associant rénovation des logements, services publics, éducation, emploi, sécurité ou encore adaptation au changement climatique.
Le programme figure à l’article 1er du projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, adopté par le Sénat le 8 juillet et désormais transmis à l’Assemblée nationale, où son examen en commission des affaires économiques doit débuter le 21 septembre. Dans la version adoptée par le Sénat, il doit couvrir la période 2026-2040 et bénéficier d’une enveloppe de 5 milliards d’euros.
Environ 150 quartiers concernés
Le gouvernement table à ce stade sur environ 150 quartiers. Sébastien Lecornu a avancé en avril l’hypothèse d’une répartition de 80 % dans les grands ensembles et 20 % dans des villes moyennes, une orientation qui doit encore faire l’objet d’une concertation. La liste définitive des territoires concernés devra être arrêtée par décret, sur proposition du conseil d’administration de l’Anru.
Mais les besoins pourraient être nettement plus importants. Une enquête menée par l’Union sociale pour l’habitat auprès de 109 organismes HLM a, de son côté, identifié 349 sites susceptibles de nécessiter une intervention, représentant environ 225 000 logements locatifs sociaux. Ce recensement n’est en outre pas considéré comme exhaustif par le mouvement HLM.
Bien au-delà de la rénovation des logements
C’est surtout le périmètre de ce futur programme qui alimente aujourd’hui les discussions. Le texte adopté par le Sénat organise l’Anru 3 autour de six grands axes : sécurité et reconquête républicaine, services publics du quotidien, revitalisation économique et emploi, transition écologique et résilience climatique, mixité sociale et désenclavement, ainsi qu’éducation, santé et accessibilité universelle.
Lors de la journée nationale de l'Anru, plusieurs élus locaux ont ainsi précisé leurs attentes. Selon AEF info, Cédric Van Styvendael, maire (PS) de Villeurbanne et coauteur du rapport de préfiguration « Ensemble, refaire ville », a plaidé pour « réarticuler les projets de rénovation urbaine avec les politiques de droit commun : celles de sécurité, d'emploi, d'éducation, de santé ». Le maire (LR) de Forbach, Alexandre Cassaro, a lui aussi insisté sur la nécessité de mieux coordonner la rénovation urbaine avec les autres politiques publiques menées par l'État. Des divergences apparaissent toutefois sur la place accordée à la sécurité : le maire (LFI) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a défendu une approche donnant davantage de poids aux enjeux sociaux, climatiques et de qualité de vie.
L’adaptation au changement climatique devrait également occuper une place importante. Le Conseil économique, social et environnemental préconise notamment des diagnostics environnementaux et sanitaires des quartiers et des engagements précis en matière d’adaptation et de participation des habitants.
Un budget de 5 milliards déjà discuté
Reste la question du financement. Les 5 milliards d’euros prévus sont déjà jugés insuffisants par plusieurs acteurs. Des amendements visant à porter l’enveloppe à 10 milliards n’ont pas été adoptés au Sénat le 7 juillet, tandis qu’un rapport de la commission des finances juge « réaliste » un programme de 6 à 7 milliards d’euros pour 150 quartiers. Le gouvernement rappelle toutefois que le précédent programme avait lui aussi débuté avec une enveloppe de 5 milliards avant d'être progressivement porté à 12 milliards.
Autre urgence, politique celle-là : la fenêtre pour acter le principe même d'un ANRU 3 est étroite, avant l'échéance présidentielle. Selon AEF info, le président de l'agence, Patrice Vergriete, a exhorté les élus locaux à faire pression sur leurs parlementaires pour accélérer l'examen du texte à l'Assemblée nationale : « Harcelez vos députés. Demandez-leur de mettre la pression pour faire voter rapidement le projet de loi logement, au moins sur le premier article.»





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