Fortes chaleurs : un impact sur le crédit aux entreprises ?

Les fortes chaleurs peuvent freiner le crédit aux entreprises, notamment dans l’immobilier, selon la Banque de France.
Fortes chaleurs : quel impact sur le crédit aux entreprises ?
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Les fortes chaleurs et la hausse durable des températures peuvent freiner le crédit accordé aux entreprises françaises. Dans une étude publiée le 22 octobre, la Banque de France met en évidence des effets à moyen et long terme, notamment dans l’immobilier et la construction.

Les épisodes de fortes chaleurs peuvent perturber l’activité de nombreux secteurs. Mais leurs conséquences ne se limitent pas au ralentissement des chantiers ou à la dégradation des conditions de travail. Elles peuvent également peser sur le financement des entreprises, selon une étude de la Banque de France portant sur la période 2011-2023.

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Pour parvenir à ce constat, les auteurs ont croisé les données de Météo-France avec les informations géolocalisées sur les entreprises et les encours de crédit déclarés à la centrale des risques de la Banque de France. L’analyse porte sur les petites et moyennes entreprises (PME) françaises disposant d’un seul établissement.

Un ralentissement du crédit qui peut durer plusieurs années

Fortes chaleurs : quel impact sur le crédit aux entreprises ?
Gustavo Fring / Pexels

L’étude distingue deux formes de risques climatiques : les épisodes de chaleur extrême, qualifiés de risques « aigus », et la hausse durable de la température moyenne, considérée comme un risque « chronique ».

Les résultats montrent que les deux phénomènes s’accompagnent d’un ralentissement de la croissance du crédit accordé aux entreprises exposées. Pour les épisodes de chaleur extrême les plus sévères, la baisse atteint en moyenne 4,4 points de pourcentage et peut persister jusqu’à cinq ans. En cas de réchauffement durable, elle s’élève à 5,2 points de pourcentage et peut se prolonger jusqu’à huit ans.

Selon les auteurs, les banques pourraient considérer qu’une succession de journées exceptionnellement chaudes relève en partie d’un phénomène temporaire. À l’inverse, une hausse importante et durable des températures est susceptible de les conduire à réévaluer plus profondément les perspectives d’activité d’une entreprise.

Les établissements bancaires n’ajustent pas uniquement le volume des prêts accordés. Dans certains secteurs, ils réduisent davantage les financements à moyen et long terme, tout en maintenant une part plus importante de crédits à court terme.

L’immobilier et la construction plus sensibles aux chaleurs extrêmes

Tous les secteurs d’activité ne sont pas affectés de la même manière. Le commerce, les transports, la restauration, les loisirs et les industries manufacturières et minières sont sensibles aussi bien au réchauffement durable qu’aux épisodes de chaleur extrême.

Dans l’immobilier et la construction, ainsi que dans les services, les encours de crédit apparaissent davantage affectés par les épisodes de chaleur extrême.

Le territoire joue également un rôle. Par rapport à la période de référence 1976-2005, la hausse de la température moyenne est plus marquée dans le Nord et l’Est de la France. La multiplication des journées dépassant les 35 degrés se concentre quant à elle davantage dans le Centre et le Sud.

Des risques climatiques encore imparfaitement intégrés

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Pour les auteurs, les indicateurs financiers traditionnels ne suffisent pas à rendre compte de l’exposition des entreprises au risque climatique. Même en tenant compte de leur notation de crédit, l’effet des températures sur l’évolution du financement reste pratiquement inchangé.

Les auteurs plaident donc pour une évaluation plus prospective et plus précise du risque climatique, intégrée à l’analyse des demandes de crédit et au suivi des portefeuilles bancaires. Cette approche tiendrait notamment compte de la localisation des entreprises, de leur secteur d’activité et de leur exposition aux différents phénomènes climatiques.

La Banque de France précise toutefois que la baisse observée correspond à un effet net : la diminution du financement liée à la perception d’un risque accru peut être compensée, en partie, par les crédits destinés aux investissements d’adaptation. Sur la période étudiée, l’effet négatif reste néanmoins dominant.

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