Logement neuf : la construction ne redécolle pas

Mises en chantier en recul de 9,7 % en septembre, ventes en berne : le projet de loi logement arrive à l’Assemblée le 17 novembre.
Logement neuf : la construction ne redécolle pas
Jean-Paul Wettstein - Pexels

La nouvelle a dû faire grincer des dents dans les ministères. Le 28 octobre, le service statistique du ministère du Logement a publié ses chiffres de la construction. Le mois de septembre a fait du mal, avec un recul de 9,7 % des mises en chantier par rapport à août, après deux mois de hausse. Un coup d’arrêt. L’exécutif pourra-t-il tenir ses engagements ? Rien n’est moins sûr.

La construction reste à la peine

Construction immeuble
Efe Burak Baydar Pexels

Une litanie de chiffres est tombée pour conclure octobre. En septembre, 28 682 logements ont été mis en chantier. Pire, dans le collectif, le recul atteint 11 % sur le mois. Sur douze mois, 318 400 logements ont été commencés, soit 5,1 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Certes, ça repart. Depuis janvier, les mises en chantier mensuelles dépassent en moyenne de 25,1 % celles de 2025, selon le SDES. Mais le rebond part de très bas.

Qu’il semble loin, l’objectif des 400 000 logements par an affiché par le gouvernement. « Ce plan ambitieux vise à construire 2 millions de logements d’ici 2030. Pour y parvenir, le Gouvernement mobilise des moyens inédits depuis 10 ans », annonçait Matignon le 23 janvier. Une moyenne à atteindre sur la période, et qui englobe logements neufs et réhabilités, précisait toutefois le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, mi-septembre devant les députés.

Du côté des permis de construire, pas davantage de quoi crier victoire. Sur un an, 377 834 logements ont été autorisés, 9,1 % sous la moyenne des cinq années précédentes. Et toujours sous la barre des 400 000. En septembre, les autorisations ont bien progressé de 1,2 %. Mais ce léger rebond « ne doit pas faire illusion », prévient Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), cité par BFMTV.

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Faute d’acheteurs, des programmes abandonnés

Echafaudage Immeuble france
Mathias Reding Pexels

Alors, où se situe le problème ? Avant le premier coup de pioche. « Un programme n’est lancé en travaux qu’une fois suffisamment commercialisé », rappelle-t-il. Souci : les acheteurs manquent. « Ces derniers trimestres, environ une opération sur cinq a été retirée de la vente, suspendue ou abandonnée », indique le président de la fédération.

Côté ventes, les derniers chiffres n’invitent pas à l’optimisme. Au deuxième trimestre, les réservations de logements neufs ont chuté de 23,6 % sur un an, selon la FPI. Sur le semestre, elles sont passées sous les 40 000, du jamais-vu depuis la création de l’observatoire de la fédération, en 2009.

Seuls les investisseurs particuliers achètent davantage : +13,4 % sur un an. Une reprise que la fédération se garde de surinterpréter, tant les volumes restent faibles.

Déjà englué dans une crise qui dure depuis près de quatre ans, le secteur cumule les difficultés : hausse des coûts de construction, crédit devenu plus cher et fin de certaines aides à l’investissement locatif. De quoi compliquer encore l’équation et donc la relance.

Le gouvernement attendu le 17 novembre
 

Assemblée nationale - France
Ank Kumar Wikimedia commons

Une lueur d’espoir dans ce ciel bien encombré ? Pour relancer la machine, l’exécutif a coché une date : le 17 novembre, début prévu de l’examen du projet de loi « visant la relance et la décentralisation du logement » à l’Assemblée nationale. Porté par le ministre, le texte a été adopté avec modifications par le Sénat le 8 juillet.

Renforcement du statut du bailleur privé, dérogations aux règles locales d’urbanisme dans les territoires où les besoins en logements sont importants, pouvoirs accrus des maires dans l’attribution des logements sociaux… Voilà les principales mesures proposées.

Devant les députés, en septembre, Vincent Jeanbrun promettait des « Jeux olympiques du logement » et un « Notre-Dame de la construction ».

Une profession toujours inquiète

Cette urgence, la FPI la soulignait déjà début septembre. Son président tirait alors la sonnette d’alarme. La fédération pointait les inquiétudes géopolitiques, mais aussi l’incertitude autour du budget 2027 et l’approche de la présidentielle, qui dissuadent ménages et investisseurs de s’engager.

« Nous pensions avoir touché le fond, mais nous sommes encore plus bas », lâchait Pascal Boulanger le 9 septembre. Un avertissement qui résonne à deux semaines du rendez-vous parlementaire.

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