37,8 °C à Angoulême, 37,6 °C à Narbonne, 37,4 °C à Perpignan. La vague de chaleur précoce de fin mai est venue rappeler une réalité bien concrète : le risque climatique est désormais pris en compte par les ménages. Selon un sondage OpinionWay, 77% des Français déclarent tenir compte des risques climatiques (inondations, sécheresse, etc…) lorsqu’ils envisagent un achat immobilier. Acheter un logement ne se résume plus au classique compromis entre prix, surface et localisation : le climat entre, lui aussi, dans l’équation au moment de choisir.
Ce « réflexe climat » se développe alors que le parc résidentiel français est déjà fortement exposé. Environ 11 millions de logements se trouvent aujourd’hui en zone inondable, où résident près de 18 millions de personnes. Plus d’une maison individuelle sur deux (soit environ 10,4 millions) est située sur des sols sensibles au retrait‑gonflement des argiles, un phénomène directement lié aux épisodes de sécheresse. Au total, les événements climatiques représentent un peu plus de 90% des 53,7 milliards d’euros d’indemnisations versés au titre des catastrophes naturelles entre 1982 et 2024. Ignorer ce contexte revient, pour un acheteur, à faire un pari risqué sur la valeur future de son bien.
Une population alerte sur le climat, mais rattrapée par les réalités
Oui, le climat entre dans la réflexion, mais pas de la même manière selon les générations. D’après l’étude OpinionWay, 78% des 65 ans et plus déclarent prendre en compte les risques climatiques dans leur décision d’achat, contre 69% des 18‑24 ans. Les plus âgés apparaissent donc un peu plus prudents. Pour eux, un logement exposé aux inondations, à la sécheresse, c’est aussi un risque de décote et de difficulté de revente demain.
« Nous avons regardé ce paramètre avant d’acheter cette maison il y a dix ans », raconte François, 75 ans, retraité près de Lyon. « On a pensé à nos vieux jours, mais aussi au moment où il faudra vendre. On a vérifié si le secteur était en zone inondable, parce que pour la revente, pour financer notre fin de vie, c’est quelque chose de très important. On ne souhaite pas avoir de mauvaise surprise. »
La donne est différente chez les plus jeunes. Pourtant très sensibilisés aux questions climatiques, ils se heurtent à la réalité de l’accès à la propriété : prix élevés, conditions de crédit plus strictes, nécessité de rester près de l’emploi. « Je n’ai pas pris en compte ces critères », reconnaît Florence, 32 ans, maman de deux enfants en bas âge. « Faute de temps, et avec la volonté d’aller vite pour trouver un logement, je n’ai pas vérifié ces risques là. »
Le climat s’invite dans le parcours d’achat
Pourtant, les questions climatiques s’invitent bien dans le parcours d’achat. Vendeurs et bailleurs doivent désormais fournir un état des risques mentionnant les aléas auxquels est exposé le bien (inondations, mouvements de terrain, submersion, etc.). En parallèle, des plateformes publiques comme Géorisques permettent, à partir d’une simple adresse, de consulter les principaux risques naturels qui pèsent sur un logement. De plus en plus d’acheteurs disent aller vérifier ces informations avant de signer.
Dans le même temps, des acteurs privés développent des « scores climat », sur le modèle des diagnostics de performance énergétique (DPE). L’enjeu est encore incertain, mais une question se pose dès lors : quel sera le poids de ces indicateurs sur les prix à terme, notamment dans les secteurs les plus exposés, où une décote pourrait apparaître ? Ces initiatives montrent en tout cas que le climat n’est plus un sujet théorique. Il entre progressivement, au rythme des réalités climatique, dans la réflexion des Français au moment d’acheter un logement.





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