Un été historique. C’est le bilan publié par Météo-France ce jeudi 3 septembre. Jamais la saison n’avait été aussi chaude depuis le début des mesures en 1900. Entre juin et août, la température moyenne a atteint 24 °C. C’est 3,6 °C au-dessus de la normale. Quatre vagues de chaleur ont marqué l’été.
Un tableau auquel s’ajoute la sécheresse. Selon Météo France, les précipitations ont été déficitaires de près de 40% sur les trois mois. Et ce n’est pas tout à fait terminé. Vendredi, les températures doivent encore dépasser les 35 °C dans plusieurs villes du Sud-Ouest, de Pau à Toulouse, en passant par Montauban, Tarbes ou Carcassonne.
Plus de 12 millions de maisons exposées
Une porte qui frotte sur le sol. Un carrelage qui se fend. Des plinthes qui se décollent. Après des semaines de chaleur et de sécheresse, les propriétaires de maisons bâties sur terrains argileux redoutent désormais de voir les fissures apparaître ou s’élargir.
En France, 12,1 millions de maisons individuelles sont situées dans des zones exposées au retrait-gonflement des argiles. Depuis le 1er juillet, une nouvelle carte nationale classe 55% du territoire métropolitain en zone d’exposition moyenne ou forte, contre 48% auparavant.
Le phénomène est connu : quand il manque d’eau, le sol se rétracte. Quand les pluies reviennent, il gonfle à nouveau. Les effets ne sont pas toujours visibles tout de suite : les fissures peuvent apparaître ou s’élargir plusieurs semaines après les épisodes de fortes chaleurs.
Le risque gagne du terrain
Après un été très sec, une réhydratation trop rapide ou inégale peut aussi faire bouger les fondations. Le sol ne réagit pas partout de la même manière.
L’âge de la maison, ses fondations, les arbres proches ou encore l’écoulement de l’eau peuvent aggraver le risque. La terre ne sèche ni ne se réhydrate partout au même rythme. Les fissures peuvent donc apparaître après l’été, parfois seulement à l’automne. Mieux vaut les photographier dès les premiers signes et surveiller leur évolution.
Pas besoin de vivre dans le Sud pour être concerné. Du Centre-Val de Loire au Bassin parisien, en passant par les Hauts-de-France ou le Grand Est, les terrains argileux sont nombreux. Dans les quartiers de maisons individuelles, après chaque été sec, les propriétaires regardent leurs murs d’un peu plus près.
L’assurance, un autre combat
Quand les fissures apparaissent, commence souvent une autre épreuve : celle de l’assurance. Habiter sur un terrain argileux ne suffit pas pour être indemnisé. Il faut d’abord que la commune soit reconnue en état de catastrophe naturelle.
Une fois l’arrêté publié, le propriétaire a 30 jours pour prévenir son assureur. Puis un expert passe. Il doit établir que les fissures viennent bien de la sécheresse et qu’elles fragilisent la maison ou empêchent de l’utiliser normalement. Sans arrêté, la garantie sécheresse ne s’applique pas.
Autre coup dur : la franchise réglementaire. Elle est de 380 euros pour une inondation, mais atteint 1 520 euros pour les dommages liés à la sécheresse-réhydratation des sols.
Entre la demande déposée par la mairie, l’arrêté, l’expertise et les devis, les mois passent vite. Le coût moyen d’un sinistre est estimé à 16 500 euros. Mais lorsque les fondations doivent être reprises, la facture peut grimper bien au-delà.
Réparer ou vendre ?
Une maison lézardée ne se vend pas comme une autre. Les acheteurs demandent des explications, les rapports d’expertise et les factures. Ils veulent savoir si les travaux ont été réalisés et si le problème risque de revenir au prochain été sec.
Pour certains propriétaires, il faut réparer. Pour d’autres, attendre la décision de l’assurance. Et pour ceux qui veulent vendre, les fissures peuvent peser sur la négociation.
Un été historique en France, comme dans une grande partie de l’Europe. Et un épisode appelé à se répéter. Pour les propriétaires, les collectivités et les assureurs, l’équation semble se compliquer.





Pour pouvoir laisser un commentaire, vous devez Vous connecter avec votre compte