Rihanna et A$AP Rocky : l’achat de la villa d’Épinal finit au tribunal

Les propriétaires contestent le retrait d’A$AP Rocky. Une affaire qui rappelle les règles pour renoncer à un achat immobilier.
Rihanna et A$AP Rocky : l’achat de la villa d’Épinal finit au tribunal
Rihanna et A$AP Rocky / Charles Guerin/ABACAPRESS.COM

Une histoire abracadabrantesque. Le passage de Rihanna et de son compagnon A$AP Rocky à Épinal, au printemps, avait fait sensation. Que venait faire le couple dans la préfecture des Vosges ? Objet de désir : une villa de 400 m². Mais le projet d’achat, entamé dès 2025 selon Vosges Matin, n’a pas abouti. 

Résultat : les propriétaires ont assigné le rappeur en justice. Ils contestent sa rétractation, qu’ils estiment trop tardive. L’affaire a été examinée à huis clos en septembre par le tribunal judiciaire d’Épinal. La décision est attendue le 19 novembre.

Une villa à 1,25 million d’euros

Epinal, France
Epinal - Christian Amet - CC BY-SA 3.0 Wikimedia commons

La maison se trouve sur les hauteurs. A même pas 2 kilomètres du centre-ville d'Epinal. Dans un quartier résidentiel. Un terrain boisé de 4 000 m². La maison, elle, a été construite en 1968. Environ 400 m², deux niveaux, de grandes baies vitrées donnant sur une piscine et un jardin. Une cheminée suspendue habillée de cuivre. Une demeure moderniste inspirée des villas californiennes, selon Le Figaro. Prix convenu : 1,25 million d’euros.

Publicité

Selon les informations de Vosges Matin, le projet d’achat était très avancé. Et ce, avant même le débarquement, selfie en prime, du couple dans la région. Une première offre aurait été déposée en décembre 2025. Puis une promesse de vente, signée à Paris. Et puis… l’idylle prend fin sans crier gare : début juillet, on apprenait qu’A$AP Rocky renonçait à l’acquisition de la demeure.


Les propriétaires réclament des comptes
 

Problème : pour les propriétaires, A$AP Rocky aurait laissé passer le délai pendant lequel il pouvait revenir sur son engagement. Ils ont donc porté l’affaire devant la justice.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. La vente n’était pas simple. La maison faisait l’objet d’une saisie judiciaire. Un juge avait donné son feu vert pour la vendre à l’amiable. Un détail ? Pas forcément. Selon Vosges Matin, cette autorisation aurait ouvert un nouveau délai pour renoncer à l’achat.

Derrière ce litige, une somme importante. Le contrat prévoyait une clause pénale de 10 % du prix si l’engagement n’était pas respecté. Le calcul est rapide : 125 000 euros. Le montant réclamé par les propriétaires n’a toutefois pas été rendu public. La défense, elle, conteste la compétence du tribunal d’Épinal, selon Le Progrès.


Une offre n’est pas un compromis

Tribunal, Palais de Justice- France
Kabyle Sauvage Pexels

Un simple feuilleton, comme il en existe beaucoup. Sauf que cette fois-ci, c’est un couple de stars. Ainsi, l’affaire rappelle qu’un achat immobilier se construit par étapes.

D’abord, l’offre : l’acheteur propose un prix et des conditions au vendeur. Mais une fois reçue, pas question de la retirer n’importe quand. « Elle ne peut être rétractée avant l’expiration du délai fixé par son auteur ou, à défaut, l’issue d’un délai raisonnable », prévoit le Code civil. Changer d’avis trop tôt peut donc engager la responsabilité de l’acheteur.

Deuxième étape : l’avant-contrat. Avec un compromis, chacun s’engage. Le vendeur à vendre. L’acheteur à acheter. Là aussi, direction le Code civil : « La promesse de vente vaut vente, lorsqu’il y a consentement réciproque des deux parties sur la chose et sur le prix ». En d’autres termes : ce n’est pas une simple réservation. L’acheteur conserve néanmoins son droit de changer d’avis pendant le délai légal.


Dix jours, mais pas depuis la visite

Achat maison France
Jakub Zerdzicki Pexels

Un particulier qui achète un logement dispose de dix jours pour changer d’avis. Sans avoir de raison à donner. Mais attention au calendrier. Là aussi, des règles existent : si le contrat est envoyé par recommandé, les dix jours commencent le lendemain de la première présentation du courrier. Même si l’acheteur ne le récupère que plus tard.

Après ces dix jours, renoncer peut coûter de l’argent. Des portes de sortie existent tout de même. Le refus d’un prêt en fait partie. Si l’achat est financé par un crédit, la loi impose cette condition, sauf si l’acheteur y a renoncé par écrit. Encore faut-il qu’il respecte les démarches prévues au contrat.

Une pénalité, pas une amende automatique
 

Et les fameux 10 % ? Ils ne sont pas imposés par la loi pour tout achat abandonné. Une « clause pénale » sert à fixer à l’avance la somme à payer si l’engagement n’est pas respecté. Tout dépend donc du contrat. Le juge peut aussi revoir ce montant s’il est manifestement excessif ou dérisoire.

Retour à Épinal. Pour A$AP Rocky reste le calendrier : pouvait-il encore renoncer lorsqu’il l’a fait ? Le tribunal doit se prononcer le 19 novembre. Le passage du couple avait fait sensation. Son projet immobilier, lui, laissera une marque judiciaire du côté d’Épinal.

Pour pouvoir laisser un commentaire, vous devez Vous connecter avec votre compte