À Stockholm, les locataires ayant obtenu un logement par l’intermédiaire de l’agence municipale en 2025 étaient inscrits depuis 12,4 ans en moyenne. Un système de loyers encadrés qui interroge sur les difficultés d’accès au logement, également rencontrées en France.
À Stockholm, trouver un logement à louer peut nécessiter des années d'attente. En 2025, les personnes ayant obtenu un logement locatif classique par l'intermédiaire de l'agence Bostadsförmedlingen étaient inscrites depuis neuf ans en moyenne. Dans la commune de Stockholm, cette ancienneté atteignait 12,4 ans. Le système suédois associe des loyers négociés, un important parc locatif municipal et de longues listes d'attente. Une situation qui illustre le décalage possible entre la maîtrise des loyers et l'accès effectif à un logement.
Ces chiffres soulèvent une question : dans quelle mesure un logement à loyer modéré reste-t-il accessible lorsque l'obtention d'un contrat nécessite une telle attente ? La réponse suppose de distinguer les avantages dont bénéficient les locataires déjà installés et les difficultés rencontrées par ceux qui cherchent à entrer sur le marché. Elle nécessite également de différencier la propriété municipale des logements et la réglementation des loyers, qui concerne aussi le secteur privé.
Les neuf années évoquées ne représentent toutefois pas le délai nécessaire pour trouver n'importe quelle location à Stockholm. Il s'agit de l'ancienneté moyenne d'inscription des personnes ayant obtenu certains contrats par l'intermédiaire de l'agence, dont l'activité couvre l'ensemble de la région et quelques logements situés à l'extérieur.
Cette ancienneté ne correspond pas non plus nécessairement à neuf années de recherche active. Fin 2025, l'agence comptait 894 592 personnes inscrites, mais seules 10 % d'entre elles avaient présenté au moins cinq candidatures au cours de l'année, seuil retenu pour considérer un demandeur comme actif.
Selon le bilan annuel de Bostadsförmedlingen, chaque logement proposé génère sa propre liste de candidats. Sa localisation, son loyer et ses caractéristiques déterminent l'ancienneté nécessaire pour l'obtenir. Dans le centre de Stockholm, celle-ci atteignait en moyenne 21,1 ans en 2025, contre moins de cinq ans dans certains secteurs de la région. Ces moyennes témoignent des difficultés d'accès, sans pour autant représenter un délai obligatoire et identique pour tous les candidats.
Quel rôle joue la réglementation des loyers dans les difficultés d'accès ?
Dans son étude économique consacrée à la Suède en 2025, l'OCDE établit un lien entre l'encadrement des loyers, une utilisation inefficace du parc immobilier, les restrictions de l'offre et les longues listes d'attente. Selon l'organisation, le système peut compliquer l'adaptation des logements disponibles aux besoins des ménages.
L'OCDE souligne également que la modération des loyers ne garantit pas leur accessibilité aux ménages les plus modestes. En Suède, 44 % des locataires appartenant aux 20 % de ménages aux revenus les plus faibles consacrent plus de 40 % de leur revenu disponible au loyer. Il s'agit d'une donnée nationale, et non d'un chiffre propre à Stockholm.
Ces constats mettent en évidence certaines limites de la réglementation, sans permettre de déterminer précisément dans quelle mesure une modification des règles réduirait les délais d'attente.
La construction de logements se heurte par ailleurs à d'autres obstacles. Dans ses prévisions de juin 2026, l'organisme public suédois Boverket indiquait que près de huit communes sur dix considéraient les coûts de production élevés comme l'un des principaux freins à la construction.
Environ 33 400 logements ont été achevés en Suède en 2025, soit près d'un tiers de moins qu'en 2024. La pénurie de logements ne peut donc pas être attribuée à la seule réglementation des loyers.
Qu’en est-il en France ?
En France, les difficultés d’accès au logement social témoignent également d’un déséquilibre entre l’offre et la demande. Selon l’Union sociale pour l’habitat (USH), 2,885 millions de ménages étaient en attente d’un logement social fin 2025, tandis qu’environ 394 000 logements ont été attribués au cours de l’année. Une situation particulièrement tendue dans certaines grandes agglomérations.
La France applique également un encadrement des loyers dans plusieurs villes, notamment Paris, Lyon, Bordeaux et Montpellier. Si les mécanismes diffèrent du modèle suédois, la question reste celle de l’équilibre entre la maîtrise des loyers et la disponibilité des logements. L’exemple de Stockholm rappelle ainsi que la modération des prix ne suffit pas, à elle seule, à résoudre les difficultés d’accès au logement.





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