Immobilier : le redémarrage poussif d'un marché convalescent

Prix quasi stables, ventes figées, logement neuf au plus bas : la reprise s'est grippée dès le début de l’année
Prix quasi stables, ventes figées logement neuf au plus bas historique : la reprise s'est grippée dès le début de l’année
Carl-Emil Jørgensen Pexels

C’est ce que l’on peut appeler un très léger frémissement, voire un redémarrage poussif hors d’Île-de-France. Les derniers chiffres de l’Insee sur les prix de l’immobilier pour le premier trimestre 2026 le confirment : dans l’ancien, les prix ont progressé de 0,2% par rapport aux trois mois précédents. Pour mémoire, ils avaient augmenté de 0,3% au quatrième trimestre 2025, après un recul de 0,1% au troisième trimestre. Sur un an, la progression n’est plus que de 0,1%, ce qui traduit une quasi-stagnation d’un marché en recul depuis 2022.

Le logement neuf, lui, reste en crise. Au premier trimestre, selon les statistiques du ministère (SDES) sur les ventes aux particuliers, les mises en vente reculent de 12,7% par rapport aux trois mois précédents, pour tomber à environ 14 000 logements, tandis que les réservations demeurent à un niveau très bas (16 502 unités). En incluant les ventes en bloc aux institutionnels, la Fédération des promoteurs immobiliers observe une chute de l'ordre de 14% sur un an, soit environ 19 000 logements vendus sur le trimestre. 

Plus concrètement, sur douze mois, le volume de transactions atteint 952 000 ventes à fin mars, un niveau à peine supérieur aux 951 000 ventes enregistrées fin 2025. Malgré des taux d'intérêt encore relativement élevés par rapport à la décennie précédente, les Français sont revenus sur le marché en 2025, mais l'élan s'est figé en ce début d'année. La reprise existe donc, mais elle demeure fragile. Pas question, par ailleurs, d'envisager un véritable nouveau cycle à la hausse.

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Île-de-France : un léger rebond après la chute

La preuve ? L'Île-de-France illustre ce marché en demi-teinte. La région capitale affiche une progression de 0,9% sur les trois premiers mois de l'année, après un quatrième trimestre 2025 en léger repli (-0,2%). À y regarder de plus près, la hausse n'est que de 0,6% sur un an, signe d'une normalisation des prix plus que d'un retour à la hausse.

Côté volumes, les notaires du Grand Paris recensent 29 130 transactions entre janvier et mars, en léger recul de 3% sur un an. Un repli à relativiser : le début 2025 avait été artificiellement dopé par l'anticipation de la hausse des droits de mutation dans plusieurs départements franciliens. C'est d'ailleurs ce qui explique la chute de 13% des ventes à Paris intra-muros, quand la grande couronne progresse de 2% sur un an, portée par le marché des maisons (+4%). Une fracture persiste donc de part et d'autre du périphérique : loin des clichés, la capitale reste, pour beaucoup, bien moins accessible budgétairement que le reste de la région.

Des signaux plus poussifs dans le reste du pays

Ce n’est pas la même histoire dans le reste des régions françaises. L’Insee note que la progression nationale est essentiellement tirée par l’Île-de-France, le reste du pays affichant une quasi-stabilité. Dans de nombreuses villes moyennes et en zones rurales, les délais de vente restent longs et les ajustements de prix se font surtout au moment de la négociation.

Au final, plusieurs prévisionnistes estiment que les ventes pourraient atteindre 950 000 à 980 000 logements en 2026. Cette reprise progressive reste suspendue à une éventuelle détente des taux de crédit, qui se sont stabilisés autour de 3,2% en moyenne et repartent même légèrement à la hausse depuis quelques mois.

Loin, très loin, de la période où ils tournaient autour de 1% et où le marché signait un record de près de 1,2 million de transactions. C'était fin 2021. Il y a presque cinq ans. Une autre époque.

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