Les Français n’espèrent plus de baisse des taux, mais achètent

95% des Français n’attendent plus de baisse des taux en 2026, pourtant seuls 6,8% reportent leur projet d’achat selon Cafpi.
Christine Lagarde, presidenta del BCE
Christine Lagarde, presidenta del BCE BCE

De guerre lasse, les Français semblent s’être résignés. Les crédits « pas chers » ne sont plus qu’un lointain souvenir d’une époque révolue, à laquelle on pense en soupirant. Pas question pour autant de tirer un trait sur l’ambition de devenir propriétaire. C’est ce que révèle le dernier baromètre Cafpi : 95% d’entre eux ne croient plus à une baisse des taux de crédit d’ici fin 2026 et 50,6% anticipent même une nouvelle hausse. Pessimistes, les Français ? Pas forcément, puisque seulement 6,8% déclarent vouloir reporter leur projet immobilier. Des chiffres qui montrent que les ménages ont bien intégré la fin de l’« argent facile », tout comme l’espoir de voir les taux repasser durablement sous les 3%.

Concrètement, les Français continuent d'acheter mais en s'adaptant. Plutôt qu'abandonner leur projet, l'enquête démontre que la grande majorité des candidats s'ajuste. Comment ? En acceptant des durées d'emprunt plus longues, souvent 25 ans et plus, et en revoyant à la baisse le budget ou la surface. Dans le détail, beaucoup se tournent vers des biens à rénover ou nécessitant des travaux, histoire de rester dans une enveloppe compatible avec leur capacité d'emprunt.

Fini donc le rêve d’emménager dans une maison ou un appartement directement fonctionnel. Place à des projets plus sobres, où la localisation, la surface et l’ampleur des travaux entrent pleinement en ligne de compte dans la réflexion.

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Un nouveau régime de taux autour de 3%

Les Français ne se bercent plus d'illusions. La dernière fois que le crédit est passé nettement sous les 3%, c'était avant la remontée amorcée au printemps 2022. Une éternité à leurs yeux. Dernier chiffre en date, en mai 2026, la Fédération bancaire française indique un taux moyen des nouveaux crédits à l'habitat à 3,10%. Cafpi, pour sa part, relève qu’en juillet 2026 des taux moyens de 3,17% sur 15 ans, 3,31% sur 20 ans et 3,42% sur 25 ans, avec, pour les meilleurs profils, des conditions encore autour de 3,10% sur 20 ans et 3,20% sur 25 ans.

Une stabilité donc, d’autant plus notable qu’elle intervient dans un contexte monétaire incertain : ajustements des taux directeurs de la Banque centrale européenne et inquiétudes sur l’état des finances publiques françaises. Les banques continuent pourtant de prêter, sans pour autant céder à l’emballement. En mai 2026, un peu plus de 11 milliards d’euros de nouveaux crédits immobiliers ont été accordés, un niveau en hausse par rapport au creux de début 2024 mais encore loin des années de boom.

L’urgence de se loger l’emporte sur les paris de taux


Derrière les décisions de la BCE et les courbes de taux, il y a surtout une réalité très concrète : sortir d’un parc locatif saturé, se rapprocher de son lieu de travail, ou adapter son logement à l’arrivée d’un enfant. Si les ménages ne comptent plus sur une détente rapide, c'est que leurs besoins ne peuvent pas attendre : crédits et transactions ont déjà nettement rebondi en 2025, alors même que le marché locatif reste tendu et les loyers élevés.

Ainsi, les Français ont changé d’état d’esprit et préfèrent acheter différemment plutôt que renoncer. Le message envoyé par l’enquête Cafpi est clair : la grande majorité refuse d’abandonner son projet, quitte à accepter des taux plus élevés, des durées plus longues et des logements moins ambitieux. À mauvaise fortune, bon cœur : le crédit immobilier redevient un produit plus coûteux, mais les ménages, comme les banques, semblent s’y être résolus.

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