Bornes électriques : 300 millions pour câbler les parkings d'immeubles

Logivolt veut contribuer à rendre 1,7 million de places raccordables d'ici à 2030.
Bornes électriques : 300 millions pour câbler les parkings d'immeubles
Hyundai Motor Group

Dans les parkings d'immeubles, la voiture électrique se heurte encore à un mur. Installer une borne relève souvent du parcours du combattant. C'est pour faire tomber cet obstacle que Logivolt, filiale de la Banque des Territoires (groupe Caisse des Dépôts), a obtenu un prêt vert de 300 millions d'euros. Objectif : contribuer à l'équipement d'environ 26 000 immeubles et de 1,7 million de places de stationnement d'ici à 2030.

300 millions, pour quoi faire ?

Billets banque Euro
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« On va multiplier les bornes électriques dans les copropriétés », promettait en avril sur RTL Roland Lescure, ministre de l'Économie. Le gouvernement visait alors 1,7 million de places équipées en copropriété d'ici 2035.

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Le calendrier a depuis pris de la vitesse. Le plan d'électrification a ramené l'échéance à 2030, et Logivolt a relevé ses propres objectifs en conséquence, dans les résidences privées comme dans le logement social.

Le prêt est porté par plusieurs banques du groupe BPCE. Il vient s'ajouter aux 190 millions d'euros déjà engagés par la Banque des Territoires en 2021 et 2024. Au total, Logivolt dispose d'une capacité d'investissement proche de 500 millions d'euros.

Il y a urgence : selon l'Avere-France, 6 % seulement des immeubles collectifs sont équipés d'une solution de recharge. Le chiffre a progressé de 43 % en un an. Mais l'installation d'un dispositif collectif n'a été votée que dans 16 % des immeubles. Logivolt assure, de son côté, avoir déjà remporté plus de 8 500 assemblées générales, soit un potentiel de 620 000 places raccordables.

Préparer tout le parking

Parking France
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Que vont financer ces 300 millions d'euros ? Ce que l'on ne voit pas : les armoires électriques, les câbles, les protections et les dispositifs qui répartissent la puissance entre les véhicules.

Objectif : prééquiper toutes les places. Le réseau commun est tiré une seule fois dans le garage. Plus besoin, ensuite, de lancer un nouveau chantier dès qu'un résident passe à l'électrique.

« L'un des leviers essentiels de la transition vers une mobilité décarbonée se trouve dans les parkings de nos immeubles », explique Pierre Eymard, directeur général de Logivolt, dans un communiqué de presse. Et d'imaginer que, « dans dix ans », recharger sa voiture le soir chez soi sera devenu « une évidence », « comme le fait de recharger son téléphone avant de se coucher ».

Qui paie réellement ?

Recharge voiture
Jakub Zerdzicki Pexels

La copropriété ne débourse rien pour l'infrastructure commune. Les propriétaires qui roulent à l'essence ou au diesel, ou qui, tout simplement, n'ont pas de voiture, ne financent pas le voisin qui se branche. Le bailleur social, lui non plus, ne met pas la main à la poche : seul le locataire qui veut une borne paie un « petit loyer » pour se raccorder.

La facture arrive le jour où l'automobiliste se raccorde. Il paie alors son raccordement au réseau, puis, selon l'offre, la borne, un abonnement ou une location. Et l'électricité consommée, évidemment. Toutes proportions gardées, le modèle fait penser au déploiement d’internet : le réseau est tiré d'abord, chacun choisit ensuite le moment où il s'y branche. 

Logivolt promet le même tarif, que l'on se raccorde dès le premier jour ou quelques années plus tard.

Le test de l'AG
 

Mais avant de penser câbles, il faut se tourner vers le syndic. C'est lui qui inscrit le projet à l'ordre du jour, avec la convention proposée par l'opérateur. Les copropriétaires ne votent pas une borne par emplacement. Ils décident si le parking doit être préparé pour tous.

La convention étant sans frais pour la copropriété, la loi n'exige que la majorité simple : celle des voix exprimées… par les copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. Ceux qui ne viennent pas à l'assemblée générale et ne votent pas ne bloquent donc pas le projet

Et si l'immeuble bloque ?
 

Le droit à la prise reste la porte de sortie. Un copropriétaire peut faire installer une borne individuelle à ses frais, après en avoir informé le syndic. Un locataire doit, lui, prévenir son bailleur. La copropriété ne peut pas dire non par principe : pour s'opposer, elle doit saisir le tribunal judiciaire dans les trois mois et justifier d'un motif sérieux et légitime, par exemple une installation collective déjà votée. Passé ce délai, les travaux peuvent être engagés.

Les 300 millions de Logivolt ne rendent pas la recharge gratuite. Ils enlèvent le premier obstacle, celui qui immobilise les projets : le réseau commun. Les câbles sont là ; à chacun de décider, donc, s'il s'y branche.

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