Action cœur de ville 3 : ce qui pourrait changer dès 2027

Le programme de revitalisation des villes moyennes doit repartir en 2027. Logement, commerces sont notamment au cœur des débats.
Centre ville Amiens
Ludovic Delot Pexels

Ici, des vitrines vides au rez-de-chaussée ; là, des volets fermés aux étages. Parfois même, une place rénovée ne suffit pas à ramener les passants. Après avoir étendu son action aux entrées de ville et aux quartiers de gare, “Action cœur de ville” pourrait remettre les rues des centres-villes au premier plan.

Un programme qui revient au centre

Centre ville Escalquens France
Didier Descouens Wikimedia commons

« Il y a une volonté de recentrer le dispositif sur les cœurs de ville », indique Gil Avérous, maire de Châteauroux et président de Villes de France, cité par AEF info.

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Lancé en 2018 dans 222 villes moyennes, puis élargi à 244 communes, ce programme de l'État aide les collectivités à rénover des logements, à faire revenir des commerces et à aménager leurs rues. Sa deuxième phase s'achève le 31 décembre prochain. Une troisième doit prendre le relais en 2027, pour six ans, jusqu'en 2032.

Le 29 septembre, un comité de pilotage devrait en préciser les contours, voire les financements. La troisième phase devrait mettre fin à l'action sur les entrées de ville, intégrées lors de la deuxième. Elles font partie des « choses testées mais pas convaincantes » et y intervenir « ne change pas la physionomie des villes », estime Gil Avérous.

Cap donc sur les centres-villes, et en priorité sur l'habitat et le commerce.

Faire revenir les habitants
 

CENTRE VILLE FRANCE HAUTS DE FRANCE
Thierry coulon Pexels

Depuis 2018, 280 000 logements ont été rénovés dans le cadre du programme, selon le bilan présenté par le gouvernement en décembre 2025. Pas question de s'arrêter pour autant.

« Le logement est une vraie clé de réussite » d'Action cœur de ville, insiste Gil Avérous, car « nous avons besoin d'habitants en centre-ville ».

Le troisième acte pourrait donc pousser les villes à s'attaquer aux appartements vacants, aux immeubles anciens et aux logements situés au-dessus des boutiques. Une politique synonyme d'opérations coûteuses : rénovation énergétique, copropriétés dégradées et problèmes d'accessibilité.

Les commerçants veulent entrer dans la boucle
 

Centre ville Besançon
Mikayla Quinn Pexels

Autre défi : le casse-tête des locaux commerciaux vides, symptôme d'un centre-ville qui perd peu à peu ses habitants et ses passants. Pour les faire revivre, les villes devraient pouvoir s'appuyer davantage sur des foncières, capables d'acheter les boutiques, de les remettre en état et d'y installer un commerce ou un service : boulanger, cabinet médical, crèche ou artisan. La Banque des Territoires, qui entre déjà au capital de ces sociétés, devrait renforcer cette démarche.

Autre avancée « actée », selon Gil Avérous : le financement par la Banque des Territoires des managers de commerce. Ces professionnels négocient avec les propriétaires, cherchent de nouveaux locataires et aident les collectivités à organiser l'offre commerciale à l'échelle d'une rue.

Les commerçants eux-mêmes ne doivent pas être oubliés. « Nous ne pourrons pas faire un dispositif Action cœur de ville sans les commerces et leurs représentants », prévient Gil Avérous. Bénéficiaires du programme, ils ne sont aujourd'hui pas autour de la table. Villes de France veut aussi travailler sur la fiscalité des commerces et leurs loyers, et plaide pour une « nouvelle génération de Fisac », l'ancien fonds d'aide au commerce de proximité.

Les financeurs, le vrai test

La Banque des Territoires et Action Logement ont confirmé qu'ils participeraient financièrement au prochain cycle, assure Gil Avérous. Les montants doivent encore être annoncés.

Pour la deuxième phase (2023-2026), les partenaires du programme s'étaient engagés sur une enveloppe globale d'au moins 5 milliards d'euros, dont 2,5 milliards pour la Banque des Territoires. Lors de la première phase (2018-2022), Action Logement avait, de son côté, mobilisé 1,4 milliard d'euros.

Quid du budget ? Le programme devra durer six ans, contre cinq pour la première phase et quatre pour la deuxième. 

Le 29 septembre, date clé

La question devrait être abordée ce jour-là. Autour de la table se retrouveront l'Anah, Action Logement, l'ANCT, la Banque des Territoires, Villes de France, la ministre de l'Aménagement du territoire et, c'est nouveau, ses collègues chargés du commerce et du logement.

Les élus espèrent surtout que le comité précisera le « cadre général » du prochain programme et les montants consacrés. Dans un contexte budgétaire tendu, alors que l'heure est aux économies, les discussions s'annoncent âpres.

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