Héritage immobilier : 32 % des bénéficiaires sont parmi les plus aisés

En France, 32 % des bénéficiaires de transmissions immobilières appartiennent aux 20 % les plus aisés, selon l’Insee.
32 % des bénéficiaires de transmissions immobilières appartiennent aux 20 % les plus aisés
Alena Darmel / Pexels

La question des logements est au cœur des débats, notamment en Espagne, où des manifestations ont lieu dans tout le pays pour dénoncer des loyers trop élevés. En France, l’accès à la propriété et les inégalités patrimoniales sont également des enjeux majeurs.

Dans ce contexte, une étude de l’Insee publiée le 6 octobre 2026 révèle que 32 % des bénéficiaires de transmissions immobilières effectuées en France, hors Alsace, Moselle et Mayotte, entre 2018 et 2022 appartiennent aux 20 % ayant les niveaux de vie les plus élevés.

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702 000 logements transmis chaque année

32 % des bénéficiaires de transmissions immobilières appartiennent aux 20 % les plus aisés
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Entre le 1er janvier 2018 et le 1er janvier 2023, en moyenne 702 000 logements anciens ont été transmis chaque année, selon l’Insee. Parmi ces transmissions, 443 000 ont fait l’objet d’une succession directe (transmission d’une personne défunte à son ou ses héritiers), soit 25 % des mutations immobilières recensées. Les donations entre personnes vivantes ont concerné 183 000 logements par an.  En incluant les logements hérités et ensuite vendus la même année, les successions représentent 519 000 logements transmis annuellement.

Autre chiffre marquant : 70 % des héritiers et des bénéficiaires des donations se retrouvent multipropriétaires après la transmission. Selon l’Insee, 63 % des bénéficiaires détenaient au moins un logement avant la transmission. 

54 ans de moyenne d’âge pour les bénéficiaires

 Chaque année, 527 000 personnes ont hérité d’un logement. Elles ont en moyenne 54 ans, et la moitié d’entre elles ont entre 41 et 61 ans. Les bénéficiaires de donations sont un peu plus jeunes avec un âge moyen de 48 ans.

À titre de comparaison, les personnes qui achètent un logement ont en moyenne 43 ans. Les transmissions ont donc généralement lieu quand les bénéficiaires ont déjà acquis un bien. 

Du côté des défunts, les propriétaires qui cèdent leur logement par succession ont en moyenne 78 ans. Dans trois successions immobilières sur quatre, le bien est transmis à une personne qui a entre 20 et 39 ans de moins que le défunt. Près de la moitié des héritages de logements anciens concernent ainsi des propriétaires de plus de 80 ans et des héritiers âgés de plus de 50 ans.

Un écart évident avec les ménages les plus modestes

32 % des bénéficiaires de transmissions immobilières appartiennent aux 20 % les plus aisés
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L’étude souligne que seuls 14 % des transmissions immobilières bénéficient aux 20 % des personnes ayant les niveaux de vie les plus modestes. À l’inverse, les transmissions entre les individus appartenant aux 20 % les plus aisés sont trois fois et demie plus fréquentes que la moyenne dans l’ensemble de la population.

Ces résultats font écho à une autre étude publiée en septembre 2026 par le ministère de la Transition écologique, et rapportée par AEF info. L’enquête dévoile qu’à âge comparable, la part des propriétaires a diminué entre les générations nées dans les années 1940 et 1950 et celles nées dans les années 1960 et 1970. Ainsi, les inégalités d’accès à la propriété se sont creusées, notamment en fonction du niveau de vie, au détriment des ménages les plus modestes des générations récentes. 

La transmission immobilière constitue ainsi un facteur important des inégalités patrimoniales. Alors que l’achat d’un logement reste difficile pour une partie des ménages, hériter ou recevoir un bien peut faciliter l’accès à la propriété. Mais cette possibilité est inégalement répartie. 

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