Le plan national de restauration de la nature, présenté le 14 octobre par le ministère de la Transition écologique, prévoit une absence de perte nette d’espaces verts et de couvert arboré en ville d’ici à 2030.
Un enjeu pour l’aménagement urbain, alors que le gouvernement doit encore préciser les moyens financiers nécessaires à sa mise en œuvre.
Construire et préserver la nature en ville
Ce plan national de restauration de la nature (PNRN) a d’abord été transmis à la Commission européenne le 9 octobre, avant d’être rendu public cinq jours plus tard. Cette feuille de route décline les objectifs du règlement européen sur la restauration de la nature, adopté en 2024, qui vise à rétablir le bon fonctionnement des écosystèmes dégradés, endommagés ou détruits.
Selon le ministère, 4 212 communes sont concernées par les objectifs du règlement européen, soit 11 % du territoire métropolitain. L’objectif porte sur le maintien, d’ici à 2030, de la surface des espaces verts urbains et du couvert arboré.
Pour les collectivités et les professionnels de l’immobilier, cet objectif pose la question de la place de la végétation dans les opérations d’aménagement. Le gouvernement prévoit de s’appuyer sur le plan « Nature en ville » 2024-2030 et sur les outils réglementaires existants, notamment ceux liés à la planification urbaine. Il souhaite aussi mieux intégrer les projets de renaturation aux stratégies d’aménagement du territoire, afin de tenir compte des enjeux écologiques dans leur localisation.
La renaturation, un levier pour transformer les espaces urbains
La restauration de la nature peut passer par la transformation de secteurs artificialisés, la réouverture de cours d’eau ou la restauration de zones humides. Plusieurs opérations déjà engagées en France illustrent ces possibilités, même si elles ne découlent pas directement du plan présenté en octobre, précise AEF info.
En Île-de-France, le projet de renaturation de la Bièvre vise à restaurer le cours d’eau sur plusieurs communes. À Grand-Croix, dans la Loire, les travaux sur le Gier cherchent à redonner davantage d’espace à la rivière. Ces opérations illustrent une autre manière de concevoir l’aménagement, en accordant une place plus importante au fonctionnement naturel des cours d’eau.
Sur le littoral normand, le projet de la basse vallée de la Saâne, à Quiberville-sur-Mer et Sainte-Marguerite-sur-Mer, associe restauration des zones humides, reconnexion du fleuve à la mer et adaptation aux risques côtiers. L’opération vise également à maintenir l’activité touristique tout en réduisant l’exposition aux risques.
Ces exemples montrent que la restauration écologique peut s’articuler avec des enjeux d’aménagement du territoire, de gestion des risques et d’adaptation au changement climatique. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de mesurer les conséquences du nouveau plan sur les futurs permis de construire ou les opérations immobilières.
Un financement encore à consolider
Tous écosystèmes confondus, le coût de mise en œuvre du plan est estimé par le ministère entre 4,6 et 5,2 milliards d’euros par an. Le gouvernement indique que 3,1 milliards d’euros sont déjà mobilisés, notamment par l’État et les collectivités territoriales.
L’objectif est de sécuriser les financements publics dédiés à la renaturation urbaine, en particulier à travers la mesure « renaturation villes et villages » du Fonds vert. Des réflexions sur la fiscalité doivent également contribuer à renforcer le modèle économique de ces opérations.
Mais le plan suscite des réserves parmi les associations environnementales. Dans le média Vert, Cédric Marteau, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), estime que la feuille de route rassemble de nombreuses mesures déjà existantes, comme les plans consacrés aux haies et aux forêts. Sacha Rolland, de la Société nationale de protection de la nature (SNPN), juge de son côté que le document ressemble davantage à un catalogue de mesures préexistantes qu’à un cadre de transformation des politiques publiques.
Le financement reste donc un enjeu central, alors que les besoins estimés dépassent les sommes déjà mobilisées.
Un plan encore provisoire
Le document doit encore intégrer une évaluation environnementale stratégique, recevoir l’avis de l’Autorité environnementale et faire l’objet d’une nouvelle consultation du public. Les observations de la Commission européenne sont attendues au printemps 2027, souligne AEF info. La version définitive doit être publiée avant septembre 2027.
Pour les collectivités et les acteurs de l’aménagement, les modalités finales du plan seront déterminantes pour comprendre comment l’objectif de préservation des espaces verts et du couvert arboré sera traduit dans les politiques urbaines.





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