Rénovation : les copropriétaires disent oui… mais pas tout de suite

Sept copropriétaires sur dix sont prêts à rénover leur immeuble. Sauf qu’entre l’envie et le chantier, il y a la facture. Et l’AG.
Rénovation façade immeuble
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Sur le papier, presque tout le monde est d’accord. Dans la réalité, c’est une tout autre histoire. 72 % des copropriétaires seraient partants pour rénover leur immeuble, contre 21 % qui s’y opposeraient. C’est en tout cas le résultat d’un sondage OpinionWay pour Evoriel, publié ce mois-ci.

Un plébiscite ? Pas si vite. Dans le détail, les chiffres disent tout autre chose. Ainsi, seuls 22 % répondent « Oui, certainement ». La moitié se contente d’un « Oui, probablement ». Même tiédeur sur l’état de l’immeuble : 6 % parlent d’une « urgence absolue », 34 % d’une « nécessité », 45 % d’une simple « amélioration souhaitable ». Et 14 % jugent carrément le projet « inutile ».

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Mieux vivre chez soi, avant de payer moins

radiateur électrique
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Pourtant, le maître-mot pour les habitants semble être : le confort. À l’heure des hivers rudes et des étés étouffants, il y a une envie bien spécifique. Ces derniers mois, 37 % des copropriétaires ont pensé à proposer des travaux en assemblée générale. Un chiffre qui atteint même 43 % pour ceux qui ont subi canicules ou vagues de froid.

Ainsi, six copropriétaires sur dix rêvent d’un appartement agréable été comme hiver. Et si, en plus d’abandonner le pull l’hiver et de lutter contre la chaleur et les nuits tropicales en été, la facture baisse, tout le monde y est gagnant. Plus d’un sondé sur deux compte bien faire des économies.

L’argent, nerf de la guerre

Budget rénovation
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Entre la volonté et la réalité du prix, il y a un fossé. Isoler une façade, changer une vieille chaudière collective, refaire la toiture, etc… Tout cela a un coût. Chacun y va de sa part, au prorata de la taille de son logement. De quoi réfléchir à deux fois avant de s’engager : six sondés sur dix citent le coût comme premier frein.

À cela s’ajoutent les interrogations sur les aides de l’État. L’heure est aux économies. Quid de ce qu’il restera après le passage du projet de loi de finances 2027 ? Si MaPrimeRénov’ Copropriété existe bien, les « stop and go » en début d’année peuvent faire réfléchir à plusieurs fois avant de s’engager. De la clarté, donc, est demandée par quatre copropriétaires sur dix. Ces derniers veulent des aides « stables et inscrites dans la durée ».

Et pour quelle économie dans le portefeuille à la fin ? Près d’un sur trois aimerait le savoir avant la décision finale.

L’AG, univers impitoyable

immeuble/copropriétés
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Arrive ensuite l’assemblée générale. C’est souvent là que les espoirs de chantiers viennent se fracasser. « Les copropriétaires souhaitent la rénovation énergétique de leur immeuble, note Erwan Dupuy, patron d’Evoriel, maison mère des syndics Lamy et Oralia. Mais ils appréhendent le financement des travaux, et il est compliqué de voter ces résolutions en Assemblée Générale. »

Les chiffres sont là : 40 % des sondés affirment qu’aucun projet de rénovation n’a été présenté en AG depuis cinq ans.

Et quand le dossier est enfin à l’ordre du jour ? Rien de joué pour autant. Sondage à l’appui : un peu plus d’un sur quatre raconte qu’un projet a été voté chez lui. 14 % évoquent un report, 9 % un refus, 3 % un abandon avant même le vote. Et 8 % ne savent pas ce qu’il est devenu.

Plutôt qu’un non franc, on remet donc à plus tard. L’an prochain, peut-être. Ou celui d’après. Pourquoi ? D’abord à cause des voisins. 30 % citent « la difficulté à obtenir l’accord des copropriétaires en Assemblée Générale ».

Ensuite, le chantier fait peur. D’un côté, un sur cinq redoute le bruit, la poussière et les mois de travaux. Même « score » pour les allergiques à la paperasse et aux questions techniques. Enfin, un sur six ne croit pas aux économies promises. Plein de barrières qui font qu’on ne vote pas.

Le syndic attendu au tournant

Comment les faire sauter ? « Le succès de ces projets repose plus que jamais sur l’accompagnement du syndic en termes de pédagogie et de pilotage opérationnel », insiste Erwan Dupuy.

Six copropriétaires sur dix ne se sentent pas assez informés par leur syndic pour se décider. Et ça se voit : dans les immeubles où un projet a été voté, 60 % se sentent bien informés. Le chiffre tombe à 26 % quand rien n’a été proposé.

Les copropriétaires veulent aussi des preuves que ça marche : 28 % réclament des « exemples concrets de copropriétés rénovées avec les résultats obtenus ».

Un petit effort de communication, donc. Comme on dit, il faut le voir pour le croire. Et ici, le croire pour le voter.

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