Adoma, filiale de CDC Habitat, lance un plan doté de 170 millions d’euros pour racheter 2 000 logements en Vefa auprès de promoteurs dont les opérations sont paralysées par le retrait d’investisseurs.
L’objectif est double : débloquer des programmes immobiliers déjà avancés et augmenter l’offre de logements destinés aux ménages les plus modestes. Les logements acquis pourront notamment être transformés en résidences sociales, pensions de famille ou des résidences pour jeunes.
Des programmes immobiliers bloqués
Dans un marché immobilier où des programmes peuvent être paralysés par le retrait d’investisseurs, alors que certains permis de construire ont déjà été déposés, voire validés par les collectivités, Adoma souhaite proposer une alternative aux promoteurs.
L’opérateur immobilier ambitionne d’acquérir des programmes « prêts à sortir » et de mettre rapidement de nouveaux logements en service « pour les plus précaires », explique à AEF info Stéphanie Demeure dit Latte, directrice générale adjointe chargée du patrimoine chez Adoma.
Baptisé Cap solutions, le dispositif prévoit une enveloppe de 170 millions d’euros pour acquérir au moins 2 000 logements en Vefa. Le but n’est pas nécessairement de reprendre de grands ensembles mais surtout de viser des biens facilement convertibles en logements accompagnés.
Ces biens seront notamment utilisés pour des résidences sociales, résidences Kamino destinées aux jeunes modestes ou des pensions de famille. Il est également important que les logements soient bien desservis par les transports en commun.
Les grandes agglomérations ciblées
Les recherches d’Adoma sont concentrées sur les territoires les plus denses avec des besoins en logements importants comme l’Ile-de-France et les agglomérations de Lille, Strasbourg, Lyon, Grenoble, Annecy, Clermont-Ferrand, Aix-Marseille, Toulon, Toulouse, Bordeaux et Nantes.
Chaque opération sera examinée au cas par cas. Adoma prendra notamment en compte les conditions économiques du programme et les prix des redevances appliquées aux résidences, qui varient selon les territoires.
Le contexte actuel de l’immobilier pourrait contraindre les promoteurs à revoir leurs prix à la baisse. Pour qu’une opération puisse être retenue, son prix devra en effet être compatible avec l’équilibre économique d’une résidence sociale.
Pour Stéphanie Demeure dit Latte, l’opération reste toutefois « gagnant-gagnant » : les promoteurs peuvent trouver une issue favorable à un programme bloqué et Adoma récupère des logements qui peuvent être rapidement transformés et ainsi accueillir des ménages modestes.
Une nouvelle opération après 2023
En 2023, CDC Habitat avait déjà annoncé une vaste opération qui avait pour objectif de racheter 17 000 logements auprès de promoteurs rencontrant des difficultés à trouver des acquéreurs. L’objectif était alors de développer son offre de logements intermédiaires et sociaux.
Avec le dispositif Cap solutions, Adoma reprend donc le principe d’un rachat de programmes auprès des promoteurs, cette fois en ciblant les logements destinés aux ménages précaires.
Adoma espère identifier les 2 000 logements d’ici avril 2027. Les travaux pourraient ensuite être lancés entre 2027 et 2028, afin de mettre progressivement ces nouvelles résidences en service.





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