Airbnb : la nouvelle commission peut faire grimper l’impôt des loueurs

Depuis ce mardi, Airbnb prélève 15,5 % sur les hôtes. Augmenter ses prix sauve le versement mais pas forcément la facture fiscale.
Clé location appartement
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Les règles changent. Les propriétaires d’Airbnb, eux, ont fait leur compte. Depuis ce mardi, la plateforme prélève l’intégralité de sa commission sur les propriétaires, dans tout l’Espace économique européen. La raison ? Airbnb a tout simplement supprimé les frais voyageurs (environ 15 % du prix) et transféré l’addition aux hôtes, désormais ponctionnés de 15,5 %.

La parade d’Airbnb… mais des limites

Réservation sur smartphone pour Airbnb
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Comme souvent, Airbnb a trouvé la parade. Pas question de laisser ses utilisateurs devant le fait accompli. « Si vous faites passer votre prix de 100 € à 115 €, vous gagnerez 97 € et vos voyageurs paieront 115 € », explique la plateforme à ses hôtes. Et le voyageur dans tout ça ? Il n’en sort pas perdant : sa facture tournait déjà autour de 115 euros, frais compris. Bref, sur le papier, l’opération paraît indolore.

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Vraiment ? Pas tout à fait. Quid des loueurs présents sur plusieurs plateformes ? Booking.com prélève en moyenne 15 à 18 % sur l’hôte, mais sa commission dépend du contrat et des programmes souscrits. Impossible de comparer sur le seul tarif affiché.

Une bonne nouvelle pour… le fisc

Calculette
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Jusque-là, tout va bien ? Pas du tout. C’est à ce moment là que le fisc s’en mêle. La plupart des petits loueurs déclarent au forfait. On déclare tout ce qu’on facture. Ensuite, l’administration fiscale applique une réduction automatique (30 % pour un meublé de tourisme non classé, 50 % s’il est classé), censée couvrir toutes les charges : impôts locaux, travaux, électricité… et commissions de plateforme. Impossible de déduire les frais Airbnb à part, ils sont déjà « inclus » dans cette réduction.

Problème : un loueur qui augmente son prix affiché pour compenser la commission se retrouve aussi à gonfler ce qu’il déclare au fisc. Or l’impôt se calcule sur ce montant-là, pas sur ce que le propriétaire touche réellement.

Le « grand » vainqueur dans l’histoire : l’État. Plus d’impôts à percevoir, sans que le loueur gagne un euro de plus.

Et les seuils dans tout ça ?

L’histoire ne s’arrête pas là. Il y a aussi les plafonds. Un loueur classique, sans étoiles officielles, ne peut pas facturer plus de 15 000 euros par an s’il veut rester au forfait. Au-delà, il doit déclarer ses charges une par une. Plus compliqué.

Le problème avec la hausse des prix ? Certains loueurs juste en dessous du plafond risquent de le dépasser. Sans gagner un euro de plus. Simplement parce que leur prix affiché a grimpé.

Même logique avec un autre seuil : 23 000 euros par an. Au-delà, le loueur est considéré comme un professionnel. Avec tout ce que cela comporte : il doit payer des cotisations sociales.

Un climat compliqué pour les loueurs

immeuble France
Diego F. Parra Pexels

Ce changement se fait dans un climat chargé, en France comme ailleurs en Europe, où les locations type Airbnb suscitent au mieux la méfiance, au pire la défiance. Dans l’Hexagone, plusieurs villes mettent en place des dispositifs pour contrer la plateforme.

Exemple récent : Paris. Alors qu’elle estime à 25 000 le nombre de meublés touristiques illégaux, la capitale possède un service dédié qui traque les locations illégales. Avec des résultats : début octobre, la Ville a annoncé la condamnation par le tribunal de Paris d’un propriétaire à 110 000 euros d’amende pour avoir loué illégalement son studio de 33 m² du 8e arrondissement sur Airbnb et Booking. 864 nuitées entre 2021 et 2025, pour des recettes estimées à 271 296 euros. « C’est une amende record pour un logement unique », s’est félicité Jacques Baudrier, adjoint au maire chargé du logement.

Les meublés touristiques n’ont pas la cote. Leur avenir est aussi discuté à l’Assemblée. La semaine dernière, dans le cadre des discussions autour du budget, avant son passage dans l’hémicycle, la commission des finances a adopté des amendements qui les ciblent. L’un d’entre eux supprime l’amortissement des meublés de tourisme acquis à partir du 1er janvier 2027.

Rien n’est encore voté définitivement. Mais pour les propriétaires qui révisent leurs prix, c’est un avertissement. Les nuages s’accumulent au-dessus de leur ciel.
 

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