Derrière les façades que l’on croise parfois tous les jours se cachent des espaces normalement interdits au public : chantiers de restauration, souterrains, bureaux officiels ou archives. Les 19 et 20 septembre, les Journées européennes du patrimoine permettront exceptionnellement d’entrer dans plusieurs bâtiments remarquables et, pour certains, de les découvrir avant plusieurs années de travaux.
Une dernière visite avant la fermeture de la préfecture de Nanterre
Avec sa tour de 113 mètres, la préfecture des Hauts-de-Seine constitue l’un des grands repères architecturaux de Nanterre.
Construit dans l’esprit moderniste des années 1970, mêlant béton, verre et aluminium, le bâtiment doit prochainement fermer pour plusieurs années de travaux.
Les Journées du patrimoine offriront donc une occasion particulière de pénétrer dans les lieux avant le déménagement prévu en novembre.
Les visiteurs pourront notamment découvrir les bureaux du préfet, leur vue sur Paris et les Hauts-de-Seine, mais également un ensemble de mobilier et d’œuvres caractéristiques de l’époque, avec notamment des pièces de Charlotte Perriand, Le Corbusier et une tapisserie de Victor Vasarely.
Dans les coulisses de la restauration de la gare de Lyon
Autre bâtiment emblématique en pleine transformation : la gare de Lyon à Paris.
Sa façade historique fait actuellement l’objet d’un important chantier destiné à lui restituer son apparence originelle, avec une fin des travaux annoncée pour 2027.
À l’occasion des Journées du patrimoine, le public pourra exceptionnellement découvrir les coulisses du chantier et rencontrer certains des artisans qui participent à sa restauration : tailleurs de pierre, ardoisiers ou mosaïstes.
Une manière différente de regarder un bâtiment fréquenté quotidiennement par des milliers de voyageurs : non plus seulement comme une gare, mais comme un patrimoine architectural à préserver.
Les secrets du Printemps Haussmann
Le Printemps Haussmann ouvrira lui aussi des espaces rarement accessibles.
Fondé en 1865 et inscrit au titre des Monuments historiques depuis 1975, le grand magasin proposera un parcours allant de sa terrasse privée avec vue panoramique sur Paris jusqu’à ses souterrains, où travaillent artisans et techniciens.
Les visiteurs pourront notamment découvrir la salle des machines et des galeries datant de la Seconde Guerre mondiale.
Grande nouveauté cette année : les archives du Printemps seront ouvertes pour la première fois dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Des documents des XIXe et XXe siècles récemment restaurés permettront notamment de retracer les grandes transformations architecturales du magasin.
Le Peninsula ouvre pour la première fois ses portes au public
À quelques pas de l’Arc de Triomphe, le Peninsula Paris participera pour la première fois aux Journées européennes du patrimoine.
L’histoire du bâtiment dépasse largement celle d’un palace. Le site a notamment été lié à la reine Isabelle II d’Espagne avant de devenir le Majestic, l’un des grands hôtels parisiens de la Belle Époque. Il a ensuite accueilli le siège provisoire de l’UNESCO après la Seconde Guerre mondiale ainsi que les négociations des Accords de Paris de 1973 sur la guerre du Vietnam.
Redevenu hôtel après une restauration de plusieurs années, le Peninsula ouvrira exceptionnellement certains de ses espaces au public les 19 et 20 septembre, uniquement sur réservation.
Les visiteurs pourront notamment découvrir les mosaïques du lobby, l’escalier monumental ainsi que ses bronzes et ferronneries d’art, réalisés par Schwartz & Meurer, entreprise également associée aux ferronneries de la tour Eiffel.
Quand les travaux deviennent eux-mêmes du patrimoine
Les Journées du patrimoine ne permettent donc plus seulement d’admirer des bâtiments achevés.
Elles offrent aussi une occasion beaucoup plus rare : comprendre comment ils sont construits, restaurés et transformés.
À Vannes, par exemple, la nef de la cathédrale Saint-Pierre, actuellement en restauration, pourra être visitée avec des archéologues alors que le sol est partiellement ouvert par des sondages et que certaines parties de l’édifice sont mises à nu. Sa réouverture complète n’est prévue qu’à Pâques 2027.
Pendant quelques heures, échafaudages, salles techniques, archives et espaces habituellement fermés deviennent ainsi les véritables attractions.
Et c’est peut-être ce qui rend ces visites particulières : une fois les travaux terminés, certaines de ces images et de ces configurations auront tout simplement disparu.





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