Un homme mis en examen et écroué. Un second suspect interpellé puis relâché. L’enquête se poursuit après les différentes cyberattaques revendiquées par ZeroBytes, selon Franceinfo. Parmi les cibles que le groupe de pirates informatiques dit avoir visées : la direction générale des finances publiques, mais aussi Zéro Logement Vacant au mois d’août. Cette plateforme publique aide les collectivités à repérer les logements inoccupés et à tenter de les remettre sur le marché.
Le vertige des 149 millions
Près de 149 millions de lignes de données : c’est ce que ZeroBytes revendique avoir récupéré après avoir visé Zéro Logement Vacant. Dans ces vastes fichiers, un même propriétaire peut apparaître plusieurs fois. Parce qu’il possède plusieurs appartements, une maison ou des garages. Autre explication : ses informations sont présentes dans plusieurs bases de données.
Impossible, alors, de connaître le nombre exact de personnes concernées. Le site spécialisé French Breaches a passé au crible la revendication : des noms, des prénoms, des adresses, des dates de naissance. Et un fichier de propriétaires venu de DataFoncier et de la direction générale des finances publiques, la DGFiP. Restent les coordonnées : environ 4 300 adresses e-mail et 6 600 numéros de téléphone. Une poignée, au regard des millions de lignes annoncées.
Ce sont ces informations qui pourraient ensuite intéresser des escrocs. Leur objectif ne serait pas de vendre un bien à distance ou d’accéder à un compte bancaire en quelques clics. L’opération est plus sournoise : il s’agit d’envoyer le bon message, au bon propriétaire, au bon moment.
Derrière les chiffres, des biens
Zéro Logement Vacant n’est pas un site d’annonces. Les propriétaires ne s’y connectent pas pour louer leur studio ou vendre la maison familiale. L’outil est entre les mains des collectivités, chargées de repérer les logements durablement inoccupés, d’en comprendre les raisons et de joindre les propriétaires.
L’idée est simple : remettre sur le marché des logements qui dorment, alors que la recherche d’un toit tourne au parcours du combattant dans de nombreuses villes. L’État recense 1,1 million de logements privés vacants depuis au moins deux ans, dont près de 300 000 dans les zones tendues.
Problème : derrière un point sur une carte, il n'y a pas forcément un appartement abandonné, mais des travaux, une succession compliquée, un propriétaire qui vit loin. De quoi rendre ces données très sensibles.
Le faux message qui tombe juste
Il faut donc redoubler de vigilance. Une taxe foncière à régulariser, un logement que l’on dit vacant, une aide aux travaux sur le point d’expirer : les prétextes ne manquent pas. Avec le nom d’un propriétaire et l’adresse de son bien, un simple SMS peut soudain paraître beaucoup plus crédible.
Reste que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Dans les fichiers revendiqués, les numéros de téléphone et les adresses e-mail se comptent en milliers, quand les lignes se comptent en millions. Le SMS piégé ne guette donc pas tous les propriétaires, sauf si leur numéro circule ailleurs. Pour ceux dont les coordonnées se retrouvent dans la nature, le message devient redoutablement crédible.
Les impôts, la mairie, voire un notaire ou un agent immobilier : les fraudeurs ne manquent pas d’imagination pour arnaquer. Un lien à cliquer, un document à remplir, un code reçu par SMS à transmettre : c’est souvent ainsi qu’ils récupèrent un RIB, des papiers d’identité ou l’accès à un compte. La CNIL recommande de ne pas répondre à un message suspect et de vérifier directement auprès de l’organisme dont l’identité semble utilisée.
Ne pas cliquer dans l’urgence
Dans le doute, le plus simple reste de ne pas se précipiter. Un courrier électronique ou un SMS qui évoque une taxe, une vente ou un logement vacant doit être vérifié sans passer par le lien reçu.
Pour les impôts, il vaut mieux ouvrir directement le site du gouvernement. Pour un appel attribué à la mairie, à une banque ou à un notaire, retrouver le numéro sur un site officiel et rappeler. Aucun de ces interlocuteurs ne demandera par SMS un mot de passe, un RIB ou un code de validation bancaire.
Des réponses attendues
Reste à savoir ce que les enquêteurs confirmeront dans les prochains jours. À ce stade, le ministère n’a pas détaillé les données qui auraient été dérobées sur Zéro Logement Vacant, ni indiqué si les propriétaires susceptibles d’être concernés seraient informés.
Pour eux, le premier signe d’alerte pourrait arriver bien loin des serveurs de l’État : dans une boîte mail ou au creux d’un téléphone.





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